Depuis le 1er janvier 2026, toute entreprise belge doit être raccordée au réseau Peppol pour émettre et recevoir ses factures électroniques B2B. Cette échéance a fait plus que changer un format de fichier : elle a rouvert, dans des centaines de PME belges, un dossier que personne n'avait envie d'ouvrir — celui du logiciel comptable.
Trois noms reviennent systématiquement dans ces discussions : Odoo, Yuki et Exact Online. Chacun est défendu par des utilisateurs convaincus, et chacun est attaqué avec des chiffres que personne ne sait vraiment d'où ils sortent. Chez doo.FINANCE, cabinet comptable belge et Odoo Gold Partner, nous voyons passer ces trois outils toutes les semaines — et nous voyons surtout des dirigeants qui comparent des choses qui ne se comparent pas.
Cet article ne cite que des tarifs publiés par les éditeurs eux-mêmes, relevés à la source le 15 août 2026, et dit explicitement quand un chiffre ne permet pas de conclure. Vous n'y trouverez pas de vainqueur universel — plutôt de quoi trancher pour votre PME.
Comment nous avons comparé — et ce que nous ne comparerons pas
Un comparatif de logiciels est presque toujours écrit par quelqu'un qui vend l'un des trois. C'est notre cas : nous implémentons Odoo. Autant poser la méthode avant les chiffres, pour que vous puissiez la contester.
- Tous les tarifs cités sont publics, relevés sur le site de l'éditeur le 15 août 2026, hors TVA. Ils évoluent — revérifiez-les avant de signer.
- Aucun prix non publié n'est cité, et les calculs sont identifiés comme tels : un total annuel reconstitué à partir d'une grille est un calcul doo.FINANCE, pas un prix affiché par l'éditeur.
- Nous ne comparons pas Yuki sur le prix. Ce n'est pas une politesse : la comparaison s'inverse selon la taille de votre équipe, et la section qui lui est consacrée l'explique.
Dernier point, le plus important : les trois outils font correctement de la comptabilité belge et aucun ne vous mettra en défaut face au SPF Finances. Le choix ne se joue pas sur la conformité — il se joue sur le coût par tête et sur le périmètre.
Odoo : le prix qui sert de référence au comparatif
Odoo publie une grille unique en euros, la même sur toutes ses pages de la zone euro — les adresses belges renvoient d'ailleurs vers cette grille commune. Relevé sur odoo.com le 15 août 2026 :
- Une App Gratuite — 0 € : une seule application, nombre d'utilisateurs illimité, hébergement Odoo Online.
- Standard — 19,90 €/utilisateur/mois en engagement annuel (24,90 € hors remise de première année), toutes les applications incluses.
- Personnalisé — 29,90 €/utilisateur/mois en engagement annuel (37,40 € hors remise), qui ajoute Odoo Studio, le multi-sociétés, l'API externe et l'hébergement Odoo.sh ou on-premise.
Ce qu'il faut retenir de cette grille n'est pas le montant, c'est l'unité de facturation : Odoo facture par utilisateur. Votre facture grandit quand votre équipe grandit — pas quand votre volume de factures grandit, pas quand vous activez un module. Comptabilité, ventes, stock, achats, projets, RH, point de vente : le même utilisateur les ouvre toutes pour le même prix.
C'est aussi la limite du modèle, et il faut la dire : une PME de 30 personnes qui ouvre l'accès à tout le monde paiera 30 licences, là où un forfait ne bougerait pas. La question n'est donc pas « Odoo est-il moins cher ? » mais « combien de personnes ont réellement besoin d'y entrer ? ».
Exact Online : un ticket d'entrée à 49 €, un prix réel bien au-dessus
Exact Online est sans doute le plus installé des trois dans les PME belges structurées, et il le mérite : profondeur du reporting financier, import natif des fichiers CODA et SODA, écosystème d'applications connectées, accès du comptable inclus dans tous les abonnements. Un dirigeant qui quitte Exact perd quelque chose.
Cela dit, Exact publie sa grille belge, et cette grille est chère. Relevé sur exact.com (site belge, section Boekhouden) le 15 août 2026, hors TVA :
- Essentials — 49 €/mois : 1 utilisateur non extensible, 1 comptabilité, 1 lien bancaire, 25 factures de vente par mois.
- Plus — 99 €/mois : 2 utilisateurs, 2 comptabilités, 5 liens bancaires, 100 factures de vente par mois.
- Professional — 159 €/mois : 2 utilisateurs, 2 comptabilités, liens bancaires et factures de vente illimités.
- Premium — à partir de 299 €/mois : 2 utilisateurs, multi-sociétés, clôture assistée, rapport Power BI intégré.
- Utilisateur supplémentaire : 23 €/mois sur Plus et Professional, 49 €/mois sur Premium. Comptabilité supplémentaire : 20 à 38 €/mois selon le plan.
Le chiffre qui circule sur Exact, c'est 49 €. Or à 49 €, vous êtes seul devant l'écran, avec un plafond de 25 factures de vente par mois et aucune possibilité d'ajouter un collègue : le plan Essentials n'est pas extensible. Ce n'est pas un tarif de PME, c'est un tarif d'indépendant.
Le calcul, sur une PME belge de cinq utilisateurs
Prenons une PME de services qui ouvre l'outil à cinq personnes et facture assez pour ne pas tenir dans un plafond mensuel. Le plan qui correspond est Professional.
- Exact Online Professional : 159 € + 3 utilisateurs supplémentaires × 23 € = 228 €/mois, soit 2 736 €/an hors TVA.
- Odoo Standard : 5 × 19,90 € = 99,50 €/mois, soit 1 194 €/an hors TVA, toutes applications ouvertes.
Écart : environ 1 540 € par an, pour cinq personnes. Ce total est un calcul doo.FINANCE reconstitué à partir des deux grilles publiées — ni Exact ni Odoo n'affichent ce montant. Refaites-le avec votre nombre réel d'utilisateurs : la conclusion tient à toutes les tailles, parce que le prix du plan et le prix par tête sont l'un et l'autre au-dessus d'Odoo. À 23 € l'utilisateur supplémentaire, Exact facture plus cher un accès à la comptabilité qu'Odoo ne facture un accès à l'ensemble de ses applications.
Et si vous êtes un groupe, chaque société supplémentaire est une « comptabilité » facturée en plus chez Exact, quand le multi-sociétés est une caractéristique du plan Personnalisé chez Odoo.
Yuki : la question n'est pas le prix, c'est le périmètre
Vous attendez ici la même démonstration chiffrée. Nous ne la ferons pas, et c'est délibéré.
Yuki ne facture pas à l'utilisateur : il facture au volume de documents traités. Odoo facture à l'utilisateur, sans regarder le volume. Comparer les deux revient à comparer un abonnement au forfait et un abonnement à la consommation : selon que votre PME a beaucoup de monde et peu de factures, ou peu de monde et beaucoup de factures, la comparaison s'inverse. Un argument qui change de conclusion selon le paramètre qu'on choisit de mettre en avant n'est pas un argument. Nous préférons ne pas nous en servir.
Disons plutôt ce que Yuki fait très bien, parce que c'est ce qui explique son adoption massive en Belgique : l'automatisation de la saisie est excellente, le lien avec le cabinet comptable est le plus fluide des trois, et le monitoring de complétude — cette liste de points d'attention qui vous dit ce qui manque encore dans le dossier — est un vrai outil de pilotage. Pour une PME dont le problème est « ma comptabilité me prend trop de temps », Yuki est une bonne réponse.
Là où Yuki s'arrête : ce n'est pas un ERP
Yuki est une plateforme comptable et financière. C'est sa force et c'est sa frontière. En dehors du périmètre finance, il n'y a rien — et il faut donc autre chose :
- Stock et logistique : pas de gestion des articles, des emplacements, des réceptions ni des inventaires.
- Achats et production : pas de commande fournisseur suivie, pas de nomenclature, pas d'ordre de fabrication.
- Ventes et CRM : un carnet d'adresses et de la facturation, mais pas de pipeline commercial, de devis configurés ni de suivi d'opportunités opérationnel.
- Projets et prestations : pas de feuilles de temps refacturables reliées nativement à la rentabilité de chantier.
- Site web, e-commerce, point de vente, RH : hors périmètre.
Concrètement, une PME qui grandit finit avec Yuki pour la comptabilité, un outil de stock, un CRM, un tableur pour les projets, et des connecteurs entre les quatre. La comptabilité reçoit alors des données au lieu de les produire — et chaque écart entre deux outils se règle à la main, en fin de mois, par quelqu'un que vous payez.
C'est exactement le terrain d'Odoo : une seule base de données où la facture de vente naît du bon de livraison, qui naît de la commande. Ce n'est pas un avantage de prix, c'est un avantage de nature. Et il ne sert à rien si votre PME n'a ni stock, ni production, ni projets facturables.
Peppol et TVA belge : le socle qui n'est plus un critère de choix
Beaucoup de comparatifs mettent Peppol en tête de leur tableau. C'est un réflexe périmé : depuis le 1er janvier 2026, toutes les entreprises belges doivent être enregistrées sur le réseau Peppol pour leurs factures électroniques B2B, et les trois éditeurs y répondent. Peppol est un prérequis, pas un différenciateur. Un commercial qui vous vend son outil sur ce seul argument vous vend une obligation légale.
Ce qui distingue encore les outils, ce sont les couches proprement belges qui vivent au-dessus : la déclaration périodique Intervat et son format XML, le listing clients assujettis, le relevé intracommunautaire, l'import CODA des extraits bancaires et SODA des écritures de salaires, le plan comptable PCMN, et le traitement des taxes partiellement déductibles — les frais de voiture à 50 %, les frais de restaurant à 69 %.
La bonne question à poser en démonstration n'est donc pas « faites-vous Peppol ? » mais « montrez-moi la déclaration TVA générée, exportée en XML et déposée sur Intervat, avec mes propres écritures ». Pour creuser : le paramétrage de la TVA dans Odoo et pourquoi Peppol fait perdre du temps à certaines PME.
Trois profils, trois réponses honnêtes
Voici comment nous répondons, en pratique, à un dirigeant belge qui pose la question.
- Indépendant ou micro-structure, une personne devant l'écran. Aucun des trois ne se justifie par sa puissance : le critère est le confort et le lien avec votre comptable. Ne payez pas pour un périmètre que vous n'ouvrirez jamais.
- PME de services, 3 à 10 personnes, activité purement administrative et financière. Si votre douleur est la saisie, Yuki reste un très bon choix et une migration ne se justifie pas par la fonctionnalité. Elle peut se justifier par le coût par tête si vous êtes chez Exact : refaites le calcul ci-dessus avec vos chiffres avant de renouveler.
- PME de 10 personnes et plus avec du stock, de la production, des chantiers ou plusieurs sociétés. L'écart devient structurel : vous ne changez pas de logiciel comptable, vous arrêtez d'en avoir quatre. C'est un projet, pas un abonnement.
Et un quatrième cas, qu'on ne lit jamais dans un comparatif : si votre outil actuel fait le travail et que votre équipe le maîtrise, ne changez pas. Une migration mal préparée coûte plus cher que trois ans d'écart d'abonnement.
Faire le calcul sur vos chiffres, pas sur une moyenne
doo.FINANCE est un cabinet comptable belge et un Odoo Gold Partner. Nous tenons de la comptabilité belge au quotidien et nous implémentons Odoo — ce qui veut dire que nous savons aussi vous dire quand la migration n'en vaut pas la peine.
En une heure, nous reprenons votre grille actuelle, votre nombre réel d'utilisateurs, votre volume de documents et votre périmètre métier, et nous vous rendons un comparatif chiffré sur vos données — avec le coût de la migration, pas seulement celui de l'abonnement. Voir la migration ERP vers Odoo et nos services comptables Odoo.
Demander un comparatif sur vos chiffres →Questions fréquentes
Peut-on migrer de Yuki ou d'Exact Online vers Odoo sans perdre l'historique ?
Oui. Les deux plateformes permettent d'exporter les données comptables, les tiers et les documents. On reprend la balance d'ouverture, le plan comptable, les tiers et les encours, et on archive l'historique détaillé de façon consultable. Le point de vigilance n'est pas technique mais calendaire : une migration se cale sur une fin de période TVA ou une clôture, jamais au milieu d'un trimestre.
Odoo gère-t-il correctement la TVA belge et Intervat ?
Oui, via la localisation belge, qui installe le plan comptable PCMN, les taux belges (21 %, 12 %, 6 %, 0 %), la déclaration périodique, le listing clients, le relevé intracommunautaire et l'intégration Intervat. Les taxes partiellement déductibles — voiture à 50 %, restaurant à 69 % — se paramètrent. Comme sur tout outil, la conformité dépend du paramétrage initial : c'est là qu'un partenaire belge change le résultat.
Combien coûte réellement une migration vers Odoo ?
Il n'existe pas de prix affiché, et nous n'en inventerons pas un : le coût dépend du nombre de sociétés, du volume d'historique repris, des modules ouverts et des interfaces à reconstruire. Ce qui est chiffrable dès le premier échange, c'est l'écart d'abonnement annuel — et c'est lui qui détermine en combien de mois le projet se rembourse.
Le plan « Une App Gratuite » d'Odoo suffit-il à une PME belge ?
Pour une comptabilité seule, avec un nombre d'utilisateurs illimité, il peut suffire à une très petite structure. Dès que vous ouvrez une deuxième application — facturation liée aux ventes, stock, projets — vous basculez sur un plan payant. Le plan gratuit est un bon banc d'essai pour juger l'ergonomie avant d'engager quoi que ce soit.
Faut-il changer de comptable quand on change de logiciel ?
Non, et c'est un point à vérifier tôt. Certains cabinets belges travaillent exclusivement sur un outil et refusent les autres — c'est une contrainte réelle qui a fait renoncer des PME. Posez la question à votre comptable avant de comparer les grilles tarifaires : sa réponse peut éliminer une option en une phrase.
